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Violence & Non-violence

De WikiRP

Au lendemain des manifestations du 17 octobre 2026, je crois qu'il serait temps d'aborder le sujet de la violence...

Qu'est-ce que la violence ? (en politique)

Violence : Action physique ou psychologique accomplie pour obliger autrui à faire ou ne pas faire quelque chose, pour exprimer sa colère ou son désaccord, ou uniquement pour faire du mal.

Violence physique : Emploi délictuel ou criminel de la force brute contre un être ou une chose, entamant à divers degrés de gravité son intégrité corporelle.

Violence verbale : Ensemble des actes de langage agressifs, par le contenu péjoratif, obscène ou le volume sonore, dont le but ou la conséquence est de provoquer, d’humilier, de dominer, d’intimider, de punir ou de réduire au silence la victime en dégradant son état psychologique et son estime de soi. La violence verbale peut prendre la forme de mots, à l’oral ou à l’écrit, de cris, de bruits ou de gestes, en public ou en privé, et s’accompagner d’autres formes de violence, notamment physiques ou sexuelles. D’apparence plus bénigne que d’autres types d’agression, cette violence psychologique et émotionnelle peut conduire sa cible à l’autoagression, jusqu’au suicide.

Violence psychologique : Forme de violence n’employant pas la force physique mais des formes de langage (oral, écrit, corporel…) ou de manipulation, ayant pour but ou pour effet de contrôler le comportement d’autrui, de le blesser moralement et/ou de dégrader son estime de soi, sa confiance en soi et son état de santé physique et mentale.

Violence symbolique : Forme de violence difficilement visible et généralement intériorisée, qui s’exerce à travers les normes sociales, les catégories de pensée et les structures sociales, qui banalise les inégalités et les injustices et conduit les groupes dominés à consentir à leur propre domination.

Violence structurelle : Forme de violence qui ne résulte pas d’actes physiques ou intentionnels, mais qui est produite par l’organisation même de la société, ses institutions et ses structures économiques, politiques ou culturelles, et qui engendre des inégalités durables, de l’exclusion ou de la souffrance.

Violence culturelle : Ensemble de discours, de symboles, de valeurs ou de représentations qui invisibilisent ou légitiment la violence physique ou la violence structurelle, en la présentant comme naturelle, inévitable ou justifiée.

Violence institutionnelle : Violence subie et résultant de l’action ou de l’inaction d’une institution gouvernementale dans le cadre de ses pouvoirs et devoirs.

Violence politique : Usage de la force physique, armée, coercitive ou symbolique par des individus, des groupes ou des institutions, dans le but d’imposer, de défendre ou de transformer un ordre politique, un régime ou des rapports de pouvoir.

Monopole de la violence légitime : Monopole que l’État revendique et parvient à imposer sur un territoire donné, en s’affirmant comme l’unique source du droit d’employer ou d’autoriser l’emploi de la violence physique.

Violence policière : Usage de la force abusive, action excessivement violente réalisée par un membre de la police.

Violences urbaines : Ensemble de violences, généralement collectives, commises dans l’espace urbain, notamment sous la forme de dégradations, d’incendies, de pillages ou d’affrontements avec les forces de l’ordre.

Non-violence : Philosophie et pratique politique qui rejette le recours à la violence comme solution aux conflits.

Pour les cléricaux (😜)

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De l'archévêque brésilien Hélder Pessoa Câmara, beatifié, Docteur honoris causa des universités de Louvain, Chicago, Amsterdam & Uppsala. Un genre de Gandhi/Luther-King mais catho quoi. Il écrit dans "Spirale de la violence" (1970, non réédité) :

Il y a trois sortes de violence. La première, mère de toutes les autres, est la violence institutionnelle, celle qui légalise et perpétue les dominations, les oppressions et les exploitations, celle qui écrase et lamine des millions d’hommes dans ses rouages silencieux et bien huilés.

La seconde est la violence révolutionnaire, qui naît de la volonté d’abolir la première.

La troisième est la violence répressive, qui a pour objet d’étouffer la seconde en se faisant l’auxiliaire et la complice de la première violence, celle qui engendre toutes les autres.

Il n’y a pas de pire hypocrisie de n’appeler violence que la seconde, en feignant d’oublier la première, qui la fait naître, et la troisième qui la tue.

Réponses possibles aux discours et idées reçus

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➯ « une violence d’une extrême intensité » CNEWS, « un niveau de violence hallucinant » Édouard Philippe, ...

Si on parle ainsi des débordements en marge de manifestations, quel vocabulaire est-ce qu'il nous reste pour qualifier un attentat terroriste ?

➯ « des degrés de violence inacceptables » Sébastien Lecornu

« La violence en politique, sa légitimité et sa justesse, s'évalue à sa cause. Si demain, des gens commettaient des violences contre le régime de Bachar el-Assad, je suis sûr que tous ici, on dirait : "mais c'est normal, que cette violence est légitime". L'évaluation de la violence et de la pertinence de la violence en politique doit être toujours articulé à la cause pour laquelle on se met à perpétrer ce genre de violence. » (François Bégaudeau)

➯ « Clairement, ils voulaient tuer un flic. C’est une certitude absolue. » Rudy Manna, du syndicat Unsa Police

L'argument de la tentative de meurtre ne tient pas face à la réalité : dans un pays qui compte des milliers de chasseurs et où les armes à feu circulent via le trafic de drogue, une foule qui cherche véritablement à tuer des forces de l'ordre n'agirait pas ainsi. Les modalités de l'affrontement auraient été d'une tout autre gravité.

➯ « (...) que des méthodes de lutte non-violentes » Jean-Luc Mélenchon

Réduire la violence à sa seule dimension physique est une erreur d'analyse. En France, les violences institutionnelle, symbolique et culturelle exercent une pression massive au quotidien. Pourtant, le prisme médiatique s'obstine à ne montrer que des « poubelles en feu », invisibilisant ainsi la violence systémique produite par les structures du pouvoir.

De plus, même des actions revendiquées comme « non-violentes » peuvent générer une véritable violence psychologique pour ceux qui les subissent. C'est le cas lors du décrochage des portraits d'Emmanuel Macron par ANV-COP21 : si l'acte vise un symbole, l'intrusion soudaine de militants peut être vécue comme une intimidation violente par une employée d'accueil de mairie.

La non-violence, ça n'existe pas ...

➯ La CGT appelle "à poursuivre" une "mobilisation pacifique"

Les grèves et manifestations de 2023 n’ont pas empêché Élisabeth Borne de recourir au 49.3 pour imposer la réforme des retraites. De même, bien que la pétition demandant l'abrogation de la loi Duplomb ait recueilli plus de deux millions de signatures en quelques jours, celle-ci a tout de même été adoptée par l'Assemblée nationale puis promulguée en 2025. Enfin, malgré la victoire du NFP qui est arrivé en tête des élections législatives de juin 2024 avec 182 sièges (33,45 %), c'est Michel Barnier, issu des Républicains, qui a été nommé Premier ministre. Ces exemples récents prouvent que les mobilisations pacifiques n'ont plus aucun impact sur le pouvoir politique.

En réalité, l'histoire démontre que l'efficacité des exemples traditionnels de non-violence est biaisée, car on occulte souvent ce que la sociologie nomme l'effet de flanc radical. Ce phénomène montre que les mouvements pacifistes n'aboutissent que lorsqu'ils coexistent avec des actions plus offensives, qui forcent le pouvoir à négocier avec les modérés pour éviter le pire. Ainsi, le mouvement civique de Martin Luther King tirait sa force de la pression directe et armée des Black Panthers en arrière-plan. De la même manière, la célèbre marche de Gandhi en Inde se déroulait en parallèle d'insurrections violentes, notamment les attaques contre des casernes britanniques après la guerre.

Les actions de désobéissance civile, souvent créatives et flirtant avec les limites de la loi, comme les déguisements utilisés aux États-Unis face à la police migratoire de l'ICE, possèdent un impact médiatique indéniable. Cependant, malgré cette portée hautement symbolique, il reste illusoire de croire que les mobilisations pacifiques suffisent à faire plier le pouvoir politique.

« Faut surtout pas casser les vitrines parce que ça, c'est de la violence ? Si dans 300 ans il y a encore des historiens, ils vont se pisser dessus tellement ils vont rire : "Par quoi, c'est pas sérieux là ? Ils sont vraiment en train de débattre pour savoir si une pince c'est de la violence, alors que deux générations avant, le président des États-Unis lançait des bombes atomiques sur des villes et qu'il y a avait des camps de concentration ?" C'est pas sérieux. » Francis Dupuis-Déri