“Entre : Ce que je pense, Ce que je veux dire, Ce que je crois dire, Ce que je dis, Ce que vous avez envie d'entendre, Ce que vous entendez, Ce que vous comprenez... il y a dix possibilités qu'on ait des difficultés à communiquer. Mais essayons quand même...” Bernard Werber

La Communication Non Violente (CNV) est une approche du dialogue qui vise à favoriser des relations basées sur l’écoute empathique, le respect et la compréhension des besoins de chacun. Elle repose sur quatre étapes : (1) observer sans juger, (2) exprimer ses sentiments, (3) identifier ses besoins, et (4) formuler une demande claire. L’objectif est de transformer les conflits en occasions de coopération et de rencontre authentique.

Voilà une belle fiche résumée de la méthode :

1. Observer sans juger

 
Un observateur neutre et objectif.

Que s'est-il passé d’un point de vue neutre et objectif ? Quels sont les faits ? Comment un observateur extérieur pourrait décrire la situation ?

« Tu es toujours en retard » n’est pas une observation, c’est un jugement. En revanche, « tu es arrivé trois fois après 9h cette semaine » est une observation.

2. Exprimer ses sentiments

Cette étape consiste à exprimer son ressenti de la situation, à se reconnecter à son corps et à ses émotions dans l’instant présent. Quand je repense à la situation, comment est-ce que je me sens maintenant ?

Les émotions sont une réaction normale face à un stimulus, il n'y a pas d'émotions "négatives", mais elles peuvent être désagréables.

Il peut être utile d'utiliser une liste ou une roue des émotions pour exprimer précisément ce que l'on ressent.

3. Identifier ses besoins

L'étape suivante est d'identifier et d'exprimer ses besoins.

 
Sur une mosaïque de renards, comment te sens-tu ?

En CNV, les besoins sont définis comme les "forces motrices de la vie en quête de son épanouissement".

Ils sont communs à tous les êtres humains, mais leur expression diffère selon les personnes, les époques, les cultures.

 
Qu’est-ce qu’un besoin ?

Nous confondons souvent les besoins avec les moyens, ou stratégies, que nous choisissons pour nourrir ces derniers.

4. Formuler une demande

Enfin, il faut exprimer des demandes concrètes nécessaires pour satisfaire nos besoins. Une demande doit pouvoir répondre à un besoin, pas à une émotion.

Ma demande doit être « CRAPPO », c’est-à-dire :

Concrète : j’utilise des verbes d’action ; j’évite les mots relatifs à des valeurs qui renvoient à des attitudes vagues (comme « le respect » ou « l’authenticité ») pour privilégier des équivalences comportementales (comme « serrer la main en regardant la personne dans les yeux » ou « exposer son point de vue face à un contradicteur ») ;

Réalisable : j’adapte ma demande aux compétences et aux capacités de mon interlocuteur ; je la module en fonction de sa « carte du monde », c’est-à-dire son point de vue sur la réalité ; je vérifie qu’elle est écologique pour lui ;

Au présent : je demande quelque chose maintenant même si cette demande porte sur un rendez-vous ultérieur ;

Positive : je dis ce que je veux plutôt que ce que je ne veux pas (ma demande est en lien avec un état désiré) ;

Précise : j’exprime clairement ce que je souhaite pour que mon interlocuteur puisse se positionner (accepter ou refuser) ;

Ouverte au dialogue : je postule que l’autre a aussi des besoins et des demandes, et qu’il est susceptible de m’opposer un refus face auquel je mobiliserai mon empathie.

Écoute empathique

 
Les Aveugles et l'Éléphant
 
Échelle de ma disponibilité intérieure ?

Écouter : faire attention, prêter l’oreille pour entendre.

Empathie : capacité de comprendre, de ressentir les sentiments ou de se mettre à la place d’une autre personne.

Écoute empathique : offrir à quelqu'un⋅e une qualité de présence contenante et bienveillante, rien à "faire", juste "être" là.

Vérifier qu'on est soi-même en ÉTÉ (Énergie, le Temps et l'Envie) pour être dans une posture d'écoute empathique. L'astuce quand on n'est pas dans l'instant présent, la tête ailleurs, et pas disponible pour écouter, c'est de donner rendez-vous à ses besoins et ses préoccupations (Je suis en train de réfléchir à un cadeau pour mon neveu, je prendrai un temps à 16h30 pour ça).

Réactions habituelles, à éviter :

  1. Analyser & diagnostiquer "Il est Capricorne, mars est en Gémeaux, ce n'est pas étonnant."
  2. Minimiser "Ce n'est pas si grave, une de perdu..."
  3. Dramatiser "QUOI ?!? Mais non sérieux ?! 😱"
  4. Parler de soi "Ça me fait pense à la fois où j'ai vu Batman au cinéma ..."
  5. Consoler & rassurer "Ho ma pauvre, viens là que je te fasse un câlin d'amour, ça va aller 🥰"
  6. Juger "En même temps, il ne faisait aucun effort🫠"
  7. Investiguer "Et si ce n'est pas indiscret, comment ça s'est passé la dernière fois que tu as... ?🕵️"
  8. Conseiller "Tu devrais lui en parler quand même"
  9. Empathie pour un tiers absent⋅e⋅s "Ho la pauvre, elle doit être tellement triste 🥺"
  10. Sympathiser "Tu es vraiment quelqu'un d'exceptionnel ! 💪"
  11. Corriger "Non, c'est lui qui aurait dû organiser le weekend !"
  12. Éviter / digresser "Ok, tu veux boire quelque chose ? 😅"

Réactions à privilégier :

- Comment est-ce que cela s'est passé ? (Les faits)

- Comment te sens-tu maintenant quand tu m'en parles ? (Les émotions)

- Qu'est-ce que tu aurais aimé vivre à ce moment-là ? (Les besoins)

- Est-ce que cette reformulation est correcte ? (Compréhension mutuelle)

- Comment est-ce que les autres personnes se sentent ? (Télé-empathie)

- Est-ce que tu veux qu'on essaie de formuler une demande ? (Action)

Comment faire des excuses ?

Qui réparent vraiment le lien ? Qui ne sont pas vides de sens ? Qui ne sont pas de l'auto-flagellation ?

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